• Philippe Claudel, Le Paquet, Stock, 2010

    L’histoire et celle d’un homme seul, accompagné d’un gros paquet. Il arrive, marchant, souffrant sous le poids de cet étrange colis aux dimensions vaguement humaines. Il s’assoit sur un banc, image quasi beckettienne, et se lance dans un monologue ininterrompu où tour à tour on se demande s’il est un simple vagabond en phase délirante, le dernier représentant de l’humanité ou tout simplement un dieu faisant le bilan de sa création. Voire un écrivain en trop grande solitude qui s’amuse à composer des alexandrins : le tiercé suscite un « validez, Madame, validez je vous prie », ailleurs « Jeannot a validé sa grille de loto ».

    Le discours est parfois flou, manque de cohérence. Mais l’homme, qui visiblement a traversé des difficultés et souffre de ses souvenirs, reste profondément humain. « Je suis un peu tout le monde ». Sur son banc, il renoue régulièrement les fils de ce paquet qu’il dit fait de « tout ce qui traînait, nos bassesses, nos veuleries, nos promesses reniées, toute la laideur du monde et celle de nos actes ».

     

     Vie, mort, fin du monde, sens de nos actes ; un monologue mais une pièce totale.


    © François ANNYCKE

    Article publié sur le site "critiqueslibres.com"


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